Le Canada et les États-Unis en temps de guerre

Par: David Suatac

En dépit de la neutralité politique des États-Unis pendant la majeure partie de la Première Guerre mondiale, de nombreux Américains ont grossi les rangs du Corps expéditionnaire canadien. Au début de la guerre, le gouvernement canadien avait autorisé la formation d’un bataillon de citoyens américains vivant à Toronto. D’autres bataillons similaires, provenant de Vancouver, de Winnipeg et du Nouveau-Brunswick, s’y joindront par la suite. Connus sous le nom collectif de « Légion américaine », ces bataillons ont été scindés outre-mer pour venir en renfort aux unités en manque d’effectifs. Des Américains vivant aux États-Unis ont traversé la frontière pour s’enrôler dans des troupes canadiennes, individuellement ou en petits groupes.

Une affiche de recrutement de la Première Guerre mondiale encourageant les citoyens britanniques et canadiens vivant aux États-Unis à s'engager pendant une mission de recrutement du Canada britannique à Indianapolis. Crédit : Bibliothèque et Archives Canada / 

Avec l’entrée en guerre des États-Unis en 1917, le nombre d’Américains dans le Corps expéditionnaire canadien a commencé à décliner. Aussitôt, le Canada a réagi en recrutant des sujets britanniques résidant aux États-Unis, un geste alors considéré illégal selon les lois américaines de la neutralité. Le plan nommé « British Canadian Recruiting Mission » (mission de recrutement britannico-canadienne), plaidant en faveur d’une interprétation libérale de la définition de sujet « britannique », a inscrit plus de 33 000 volontaires. Presque chaque bataillon mobilisé durant la Grande Guerre comptait plusieurs soldats américains. En fait, plus de 40 000 Américains se seraient enrôlés, soit près de 10 p. 100 du Corps expéditionnaire canadien.

Si de nombreux Américains se sont engagés dans l’Armée canadienne au cours de la Première Guerre mondiale, l’Aviation royale du Canada (ARC) a incontestablement été le choix prisé par ceux s’enrôlant au nord de la frontière durant la Seconde Guerre mondiale. Plus de 9 000 Américains ont adhéré à l’ARC, pour la plupart avant que les États-Unis n’entrent officiellement en guerre après l’attaque de Pearl Harbor. Bon nombre d’entre eux ont rejoint l’ARC par l’entremise du Comité Clayton Knight, nommé d’après un Américain ayant servi auprès du Royal Flying Corps qui avait mis sur pied cette unité semi-secrète de concert avec Billy Bishop, as de l’aviation canadien de la Première Guerre mondiale et directeur du recrutement au cours de la Seconde Guerre mondiale. Situés à New York, Dallas, Spokane et Atlanta, les bureaux satellites de ce comité ont favorisé l’enrôlement des Américains dans l’ARC, transgressant ainsi les lois de la neutralité du pays. Au cours de la guerre, les Américains enrôlés dans l’ARC ont servi en Europe, en Amérique du Nord et dans le Pacifique. Environ 234 Américains ont été décorés pour leur bravoure et 800 soldats ont consenti le sacrifice ultime.

Sources: 

1. Jonathan Vance, « American Recruits in the Canadian Expeditionary Force », 2014.
www.rhpl.richmondhill.on.ca/WorldRemembers/pdf/AmericanRecruits.pdf

2. Hugh Halliday, « Canada’s Response: Air Force, Part 16. », Légion, juillet 2006 (en anglais).
https://legionmagazine.com/en/2006/07/canadas-yanks/

3. Tim Cook, « Le soldat canadien de la Grande Guerre », L’encyclopédie canadienne, août 2014.
http://encyclopediecanadienne.ca/fr/article/le-soldat-canadien-de-la-grande-guerre/

4. Chris Dickon, Americans at War in Foreign Forces: A History, 1914-1945, Jefferson (Caroline du Nord), McFarland & Company Inc., 2014.

Image en vedette: Crédit: Wikimedia /

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