Les expériences d'Ottawa en temps de guerre

Par: David Suatac

La situation d’Ottawa, capitale du Canada, en temps de guerre, est unique. Au cours de la Première Guerre mondiale, l’activité économique de la ville tournait surtout autour de l’exploitation forestière et de la production d’électricité. Certes la déclaration de guerre en 1914 a donné lieu à l’expansion de la fonction publique, mais le point tournant s’est produit lors de la Seconde Guerre mondiale, lorsqu’Ottawa est véritablement devenue un centre gouvernemental. La population de la ville s’est accrue de dizaines de milliers d’habitants pendant la guerre. Ottawa a aussi pris du galon à l’échelle internationale. Au début de la guerre, on n’y dénombrait que deux hauts commissariats. Six ans plus tard, dix ambassades et cinq hauts commissariats y avaient pignon sur rue. Vingt-quatre mille emplois de fonctionnaires ont été créés, ce qui triplait la taille de la fonction publique d’avant-guerre. Comme la fonction publique connaissait une croissance phénoménale pour mieux répondre à l’effort de guerre du pays, l’administration municipale a dû prêter au gouvernement fédéral des terrains et des immeubles municipaux. De nouveaux complexes d’habitation ont surgi sur l’avenue Carling en prévision du retour des anciens combattants. De plus, l’administration municipale a appliqué un ambitieux programme d’améliorations coûteuses à son infrastructure, pour l’après-guerre.

La ville d’Ottawa aussi a levé des régiments pour le service outre-mer, dont beaucoup ont combattu à Vimy et en Normandie. À la veille de la Première Guerre mondiale, l’un des régiments locaux d’Ottawa, le 43e Régiment, Duke of Cornwall’s Own Rifles, a mobilisé suffisamment d’hommes de la ville et des environs pour former deux bataillons. L’un d’eux, le 38e Bataillon, a combattu à Vimy au sein de la 4e Division canadienne. En juillet 1915, la batterie motorisée de mitrailleuses Borden a été constituée à Ottawa. Elle a également combattu à Vimy au sein de la 2e Division canadienne. Un autre régiment local, le Governor General’s Foot Guards, a prêté des hommes à deux bataillons au cours de la guerre, dont l’un a combattu au sein de la 1re Division canadienne à Vimy.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, environ 12 000 citoyens de la ville se sont enrôlés volontairement, beaucoup d’entre eux dans les régiments Governor General’s Foot Guards et Duke of Cornwall’s Own Rifles, rebaptisé The Cameron Highlanders of Ottawa (Machine Gun). Le régiment Governor General’s Foot Guards a été converti en régiment blindé et rebaptisé 21st Armoured Regiment. Il a été du débarquement en Normandie sous cette appellation. Le Cameron Highlanders of Ottawa a débarqué le Jour J au sein de la 3e Division de l’infanterie canadienne.

Sources:

1. Keshen, Jeff. “World War Two and the Making of Modern Ottawa.” Dans Keshen, Jeff, et St-Onge, Nicole, eds. Construire une capitale - Ottawa - Making a Capital. Ottawa, ON, CAN: University of Ottawa Press/Les Presses de l'Université d'Ottawa, 2001.

2. Taylor, John H. Ottawa: An Illustrated History. Toronto, ON: James Lorimer & Company, 1986.

3. Borden Machine Gun Battery War Diary. Avril 1917. Page 8.        

4. Publication DND – Octobre 2010 – www.cmp-cpm.forces.gc.ca/dhhdhp/his/ol-lo/vol-tom-3/par2/cho-eng.asp

5. Publication DND – Octobre 2010 - www.cmp-cpm.forces.gc.ca/dhh-dhp/his/ol-lo/vol-tom-3/par2/ggfg-eng.asp

Image en vedette: Crédit: Bibliothèque et Archives Canada.

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