La commémoration du jour de la Victoire en Europe.

Le 8 mai 2017 marque le 72e anniversaire de la Journée de la Victoire en Europe. À travers le pays, les Canadiens se réunissent pour marquer ce moment important en assistant aux cérémonies de souvenir et aux événements commémoratifs.

Après la Première Guerre mondiale, les cérémonies du Souvenir consistaient souvent en des événements locaux, à petite échelle, hormis les événements de grande envergure tenus par les gouvernements fédéral et provinciaux canadiens. Les pratiques ont commencé à changer au cours de la période qui a suivi la Seconde Guerre mondiale : les commémorations nationales étaient parfois complétées de pèlerinages volontaires en Europe afin d’honorer la mémoire des militaires là où ils étaient tombés au combat. Ces pèlerinages étaient plus répandus parmi les familles qui avaient perdu un être cher, car tous les soldats canadiens avaient été inhumés près de l’endroit où ils avaient perdu la vie. Si les membres d’une famille voulaient visiter la tombe d’un soldat, ils devaient se rendre en Europe.

La plupart des pèlerinages étaient organisés autour d’un anniversaire important, comme la date du début ou de la fin de l’une des guerres. Les visiteurs allaient voir les cimetières militaires et les monuments commémoratifs, puis assistaient à une cérémonie officielle du Souvenir. Au départ, ces nouvelles cérémonies, habituellement tenues à la crête de Vimy et sur la côte normande aux anniversaires importants, étaient semblables à celles organisées au pays. D’anciens combattants, des civils français et belges ainsi que des hommes politiques des pays alliés se réunissaient dans un cimetière ou près d’un monument commémoratif pour célébrer un service religieux et déposer des couronnes en hommage aux disparus. 

Au fil des ans, à mesure que les anniversaires s’éloignaient des événements réels, les cérémonies sont devenues plus importantes et plus spectaculaires. Il arrivait que des avions militaires survolent les sites commémoratifs ou que des milliers de coquelicots soient relâchés du ciel pour en couvrir les personnes présentes. La musique régimentaire a pris une plus grande place, tandis que le service religieux a été écourté, avant d’être supprimé en faveur d’une bénédiction non confessionnelle.

Comme moins d’anciens combattants pouvaient assister aux événements outre-mer, des militaires en service ont commencé à assumer un rôle plus important au cours de ces cérémonies. Des reconstitutions ont été incluses aux anniversaires du jour J à partir des années 1980 et 1990 : la traversée de la Manche, un assaut aérien par des parachutistes et la prise de la pointe du Hoc à Utah Beach ont ainsi été recréés par des militaires en service. Des régiments se sont également mis à financer des visites de lieux historiques et l’érection de petits monuments commémoratifs pour leurs victimes. Les anniversaires outre-mer sont devenus une occasion pour les membres des régiments de renouer avec leur histoire et de rappeler la fière tradition à laquelle ils contribuaient désormais.

Avec l’avènement de la télévision, des chaînes ont commencé à diffuser la tenue d’événements commémoratifs internationaux, transportant les cérémonies directement dans les salons canadiens. La télévision a aussi fourni une occasion de sensibiliser la population aux contributions du Canada aux efforts de guerre. À partir des années 1960, et jusqu’aux années 1990, la SRC a produit plusieurs documentaires sur la Première et la Seconde Guerres mondiales, ainsi que des entrevues avec d’anciens combattants. Parmi les autres moyens déployés pour évoquer davantage les guerres auprès des Canadiens et Canadiennes figure la publication d’essais historiques sur les guerres ainsi que d’ouvrages de prestige dont le contenu était surtout constitué de photos pour relater l’histoire visuelle des guerres.

Comme les générations ayant réellement vécu l’expérience des guerres avançaient en âge, les activités commémoratives sont passées du devoir de mémoire envers des anciens combattants, par des proches de ceux-ci, aux expressions collectives de gratitude pour les sacrifices consentis par ceux qui nous ont précédés.

Sources

Mosse, George L. De la Grande Guerre au totalitarisme : la brutalisation des sociétés européennes, New York, Oxford University Press, 1990.

20 Years after D-Day, page consultée le 1er avril 2016.

« Canada’s D-Day Legacy », Légion, le 1er septembre 1999.

Anciens Combattants Canada, (PAGE ARCHIVÉE) « Retour sur la plage Juno », Avis aux médias, le 1er août 2014.

Dolski, Michael. D-Day in History and Memory: The Normandy Landings in International Remembrance and Commemoration, Denton University of North Texas Press, 2014.

Image à la Une : Crédit : Wikimédia /

Nouvelles récentes

Inscrivez-vous pour recevoir des mises à jour au sujet de la campagne, de l'exposition et davantage.